● LIVEECB RATE 2.65%·EUR/USD 1.1490·EUR/GBP 0.8578·BRUSSELS 17°C — CLEAR·LES MINISTRES DE L'UE DÉBATTRONT DU BUDGET 2028‑2034 ET DU PLAN INDUSTRIEL PROTECTIONNISTE·LE CANADA VEUT RENFORCER SES LIENS AVEC LÉUNION EUROPÉENNE ALORS QUE LA COOPÉRATION COMMERCIALE ET DE SÉCURITÉ S'INTENSIFIE·LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES RUSSES TESTENT LA POIGNE DE POUTINE ALORS QUE LES VÉTÉRANS NATIONALISTES EXIGENT UNE LIGNE PLUS DURE SUR LA GUERRE·LA COUCHE D'OZONE MONTRE DES SIGNES DE REPRISE MAIS LE RISQUE UV RESTE ÉLEVÉ EN EUROPE·LE PREMIER MINISTRE POLONAIS CITE UN RECORD DE PERTES UKRAINIENNES À L'APPROCHE DE L'HIVER·LES DEUX SCRUTINS BERLINOIS RÉVÈLENT DES DROITS DE VOTE INÉGAUX POUR LES MIGRANTS DE L'UE·SEMAINE 39 · VOL. XV · N°264·● LIVEECB RATE 2.65%·EUR/USD 1.1490·EUR/GBP 0.8578·BRUSSELS 17°C — CLEAR·LES MINISTRES DE L'UE DÉBATTRONT DU BUDGET 2028‑2034 ET DU PLAN INDUSTRIEL PROTECTIONNISTE·LE CANADA VEUT RENFORCER SES LIENS AVEC LÉUNION EUROPÉENNE ALORS QUE LA COOPÉRATION COMMERCIALE ET DE SÉCURITÉ S'INTENSIFIE·LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES RUSSES TESTENT LA POIGNE DE POUTINE ALORS QUE LES VÉTÉRANS NATIONALISTES EXIGENT UNE LIGNE PLUS DURE SUR LA GUERRE·LA COUCHE D'OZONE MONTRE DES SIGNES DE REPRISE MAIS LE RISQUE UV RESTE ÉLEVÉ EN EUROPE·LE PREMIER MINISTRE POLONAIS CITE UN RECORD DE PERTES UKRAINIENNES À L'APPROCHE DE L'HIVER·LES DEUX SCRUTINS BERLINOIS RÉVÈLENT DES DROITS DE VOTE INÉGAUX POUR LES MIGRANTS DE L'UE·SEMAINE 39 · VOL. XV · N°264·
Bruxelles · fondé en 2012
Journalisme européen indépendant

Unionpress

Vol. XV · N°264
lundi, 21 septembre 2026
Accueil/Monde/l-ukraine-lance-une-vaste-attaque-de-drones-sur-moscou-frappe-une-raffinerie-cl
Monde21 septembre 2026

L'Ukraine lance une vaste attaque de drones sur Moscou, frappe une raffinerie clé

Une offensive aérienne sans précédent a visé la raffinerie de Kapotnya, perturbant une part importante de l'approvisionnement en carburant de la capitale russe.

L'Ukraine lance une vaste attaque de drones sur Moscou, frappe une raffinerie clé

L'Ukraine a déclenché dimanche une attaque aérienne massive contre Moscou, mobilisant environ 1 950 drones et huit missiles de croisière Flamingo, ce qui semble être la plus grande frappe contre la capitale russe depuis le début du conflit en 2022. L'opération a ciblé la raffinerie de Kapotnya, située en périphérie de la ville, une installation qui fournit habituellement près de la moitié des besoins en carburant de Moscou.

Contexte et objectifs

Le raid a coïncidé avec le dernier jour des élections parlementaires russes, ce qui a conduit les médias d'État à évoquer une motivation politique. Les analystes, en revanche, soulignent que l'objectif principal était clairement industriel : la raffinerie a été touchée à plusieurs endroits et un entrepôt logistique de la région a également subi des dommages.

Échelle et composition de l'attaque

Le maire de Moscou, Sergueï Sobyanin, a indiqué que 1 600 drones étaient impliqués, tandis que la chaîne russe Rybar a revendiqué 1 951 drones et huit missiles Flamingo (FP‑5). La vérification indépendante de ces chiffres reste difficile, mais les observateurs open‑source s'accordent à dire que cette opération dépasse largement toutes les précédentes menées par l'Ukraine contre la capitale.

Le président Volodymyr Zelensky a énuméré une gamme impressionnante de systèmes sans pilote employés lors de la frappe : drones FP‑1, RZ‑100, MICH‑2000, Palianytsia, Vendetta, Liutyi, Bars, Sichen et Pelican, ainsi que les missiles de croisière Flamingo. Le Pelican, plateforme jusque‑là inconnue, a suscité un intérêt particulier. Certains experts l'avaient d'abord pensé comme un nom de code du missile balistique FP‑7, encore en phase de test, mais son rayon d'action annoncé de 300 km laisse penser qu'il s'agit plutôt d'une nouvelle variante de drone.

Selon le site de défense ukrainien Defence Express, l'opération a mobilisé plusieurs organes d'État : le Service de sécurité de l'Ukraine (SBU), la Direction principale du renseignement (HUR), les Forces de systèmes sans pilote dirigées par Robert "Madyar" Brovdi, et les Forces des opérations spéciales. Cette coopération inter‑agences souligne l'importance stratégique que Kyiv accorde à la destruction des infrastructures énergétiques russes.

Planification et exécution

L'analyste français open‑source Clément Molin a noté que Moscou dispose d'environ 140 systèmes de défense aérienne, rendant toute pénétration réussie d'autant plus remarquable sur le plan technique. Le calendrier de Rybar indique qu'une "phase de saturation" a débuté le jeudi 17 septembre, lorsque des drones ukrainiens ont été envoyés vers la capitale pour cartographier les radars et les sites de missiles. Ces vols préliminaires ont probablement servi de reconnaissance, alimentant les données qui ont façonné le plan final.

Le dimanche, l'assaut s'est déroulé en plusieurs vagues. La première vague, selon Rybar, a joué le rôle de leurre, attirant le feu et révélant les positions des batteries russes. Le principal chargement est arrivé lors des troisième et quatrième vagues, quand la majorité des drones et des missiles ont convergé vers leurs cibles.

Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent la raffinerie de Kapotnya en feu, avec d'imposantes colonnes de flammes et un filet anti‑drone tendu autour du site. Malgré ce filet, certains drones ont franchi le périmètre, frappant deux unités de traitement principales, désignées ELOU‑AVT‑6 et KUPN, et causant "des dommages très graves" aux deux, selon le compte ukrainien Kiberboroshno.

Dégâts immédiats et réaction russe

Les médias d'État russes, dont Rybar et la chaîne Two Majors, ont salué la performance du réseau de défense aérienne de la capitale, affirmant que les huit missiles Flamingo avaient été interceptés et que la majorité des drones avaient été abattus. Néanmoins, des séquences filmées depuis le sol montrent plusieurs drones s'écraser dans la ville et un système Pantsir‑S1 tirant un missile qui a percuté le capot d'une voiture sur une autoroute très fréquentée.

Les dommages à la raffinerie, bien qu'ils n'aient pas déclenché un incendie massif de réservoirs, ont suffi à arrêter le traitement dans les unités touchées. Les sources ukrainiennes soutiennent que la frappe simultanée sur les deux lignes pourrait contraindre à un arrêt temporaire, même si le reste de l'usine reste opérationnel. Reuters avait indiqué que l'installation resterait hors service pour le reste de l'année, mais des mises à jour ultérieures ont signalé que des ingénieurs russes avaient réussi à la remettre en marche plus tôt que prévu, probablement parce que les équipements endommagés avaient été réparés rapidement.

FirePoint, société ukrainienne de l'industrie de défense, estime que la part de capacité de raffinage russe hors service est passée de 10 % à 14 % après le raid. Le timing est crucial : la Russie fait face à une nouvelle pénurie de carburant, les prix de l'essence ont atteint des niveaux records dans plusieurs régions, entraînant des restrictions comme une limite de 30 litres par plein dans l'oblast de Leningrad.

Implications stratégiques sur le front énergétique

Septembre a déjà enregistré un record de 23 attaques contre des raffineries russes, selon le décompte de Molin. La frappe de Kapotnya s'inscrit dans une série d'opérations ukrainiennes visant à affaiblir la chaîne d'approvisionnement en carburant de la Russie, une stratégie à la fois militaire et économique. En ciblant les unités de traitement plutôt que les réservoirs de stockage, Kyiv semble chercher à perturber durablement le système plutôt qu'à provoquer des incendies ponctuels.

Le coût joue également un rôle. Molin rappelle qu'un missile Pantsir peut coûter jusqu'à quatre fois le prix d'un drone FP‑1. Si les systèmes de défense russes sont contraints à tirer de façon répétée sur des drones bon marché et jetables, le fardeau financier pour Moscou pourrait devenir insoutenable, surtout à mesure que la guerre s'éternise et que le budget de défense russe subit de fortes pressions.

Du point de vue européen, ces attaques soulèvent des questions de sécurité énergétique sur le continent. Bien que l'UE ait réduit sa dépendance au pétrole et au gaz russes, les répercussions d'un marché russe du carburant déstabilisé peuvent encore se répercuter sur les prix mondiaux du pétrole, affectant les ménages et les coûts de transport en Europe.

Contexte politique et initiatives diplomatiques

Le même jour que le raid, le président Zelensky a appelé à un cesse‑feu sur les questions d'énergie et de sécurité alimentaire, affirmant que "des mesures visant à désamorcer les tensions sont sur la table". Les responsables russes ont jusqu'à présent rejeté cette proposition, maintenant une position intransigeante face à toute négociation perçue comme une concession aux exigences ukrainiennes.

Le timing de l'attaque, à la veille du vote parlementaire russe, a également alimenté les récits de propagande russe qui ont présenté les actions de Kyiv comme une tentative de perturber les élections. Les analystes indépendants soulignent toutefois que la cible choisie, une raffinerie stratégique, a peu de lien avec les bureaux de vote, et que l'opération a nécessité des semaines de préparation, rendant improbable un coup d'éclat politique de dernière minute.

Développements parallèles sur le terrain

Alors que l'attaque aérienne dominait les gros titres, l'Ukraine a également dévoilé de nouveaux détails sur son "Opération Vivaldi" sur le front oriental. Le 3e corps d'armée a annoncé la libération des villages de Shandryholove et Derylove, ainsi que le contrôle total de Drobyshove, augmentant d'environ 125 km² la zone sous administration ukrainienne.

Des cartes publiées par le compte DeepState UA et corroborées par la chaîne russe Rybar montrent les forces ukrainiennes franchissant le fleuve Zherebets et ré‑occupant des parties de l'oblast de Louhansk que la Russie avait affirmé avoir capturées plus tôt dans l'année. Ces gains terrestres contrastent fortement avec les déclarations du ministère russe de la Défense, qui affirmaient que les troupes russes étaient encore en train de nettoyer "des soldats ukrainiens individuels" des zones résidentielles de Lyman et Sviatohirsk.

Des images satellites diffusées par le compte ukrainien Kiberboroshno ont confirmé la destruction de plusieurs aéronefs russes sur un aérodrome de Rostov‑on‑Don, dont deux hélicoptères Mi‑8, un transport An‑12 et un An‑26. L'aérodrome se situe à environ 230 km du front, soulignant la portée des capacités de frappe ukrainiennes.

Pertes d'équipement et coût global du conflit

Les données du projet open‑source Oryx, qui recense les pertes d'équipement vérifiées par des preuves photographiques, indiquent qu'au 21 septembre la Russie avait perdu 24 098 pièces d'équipement lourd depuis le début de la guerre, dont 4 447 chars, dont 3 352 détruits au combat. Les pertes ukrainiennes s'élèvent à 12 143 pièces, dont 1 462 chars, dont 1 120 détruits.

Ces chiffres, utiles pour mesurer l'intensité matérielle du conflit, ne reflètent pas le coût humain ni la pression économique sur des sociétés déjà confrontées à l'inflation, aux pénuries d'énergie et aux séquelles de la pandémie.

Perspectives

Le raid sur Moscou montre que l'Ukraine peut mobiliser un grand nombre de systèmes sans pilote et les coordonner pour submerger même les zones de défense aérienne les plus fortifiées. Reste à voir si cette capacité se traduira par une pression soutenue sur les infrastructures énergétiques russes, mais l'opération a déjà contraint Moscou à allouer davantage de ressources à la protection des installations critiques.

Pour les observateurs européens, l'attaque souligne l'importance de diversifier les approvisionnements énergétiques et d'investir dans des infrastructures résilientes. Alors que la guerre entre dans sa cinquième année, l'interaction entre les actions militaires et les marchés de l'énergie continuera de façonner les débats politiques à Bruxelles, à Berlin et au-delà.

À court terme, les autorités russes renforceront probablement les mesures anti‑drone autour des installations clés, en élargissant l'usage de filets et de brouillage électronique. De son côté, Kyiv semble déterminé à poursuivre les frappes contre la colonne vertébrale logistique de la machine de guerre russe, une stratégie qui pourrait aggraver les pénuries de carburant et augmenter le coût de la vie pour les Russes ordinaires, influençant potentiellement le sentiment public à l'égard du conflit.

Les deux parties surveillent également de près les mois d'hiver à venir. L'Ukraine a à plusieurs reprises réclamé un cesse‑feu pour des raisons d'énergie et de sécurité alimentaire, mais la Russie a jusqu'à présent rejeté toute initiative de ce type. Au fur et à mesure que le conflit s'éternise, l'équilibre entre objectifs militaires, souffrances civiles et démarches diplomatiques restera un terrain délicat et contesté.

■ FINMonde© UnionPress 2026