● LIVEECB RATE 2.4%·EUR/USD 1.1539·EUR/GBP 0.8558·BRUSSELS 20°C — OVERCAST·VON DER LEYEN DEVRAIT LIER COMPÉTITIVITÉ À L'AUTONOMIE STRATÉGIQUE EUROPÉENNE DANS LE DISCOURS SUR L'ÉTAT DE L'UNION·LE CONTENU GÉNÉRÉ PAR IA SUBMERGE LE WEB ET SUSCITE DES OUTILS ANTI‑BOTS POPULAIRES·LES VAGUES DE CHALEUR SAPENT CONCENTRATION ET BIEN‑ÊTRE EN EUROPE, SELON LES SCIENTIFIQUES·LES VILLES EUROPÉENNES TRANSFORMENT LES ARBRES PUBLICS EN NOURRITURE GRATUITE POUR LES HABITANTS·UNE FRAPPE DE DRONE RUSSE SUR UNE LIGNE FERROVIAIRE UKRAINIENNE PRÈS DE LA FRONTIÈRE POLONAISE SUSCITE DES INQUIÉTUDES DE SÉCURITÉ ET DIPLOMATIQUES·LA STRATÉGIE ARCTIQUE DE L'UE FREINÉE PAR L'ABSENCE DE CADRE POUR LES VOISINS NON MEMBRES·SEMAINE 38 · VOL. XV · N°259·● LIVEECB RATE 2.4%·EUR/USD 1.1539·EUR/GBP 0.8558·BRUSSELS 20°C — OVERCAST·VON DER LEYEN DEVRAIT LIER COMPÉTITIVITÉ À L'AUTONOMIE STRATÉGIQUE EUROPÉENNE DANS LE DISCOURS SUR L'ÉTAT DE L'UNION·LE CONTENU GÉNÉRÉ PAR IA SUBMERGE LE WEB ET SUSCITE DES OUTILS ANTI‑BOTS POPULAIRES·LES VAGUES DE CHALEUR SAPENT CONCENTRATION ET BIEN‑ÊTRE EN EUROPE, SELON LES SCIENTIFIQUES·LES VILLES EUROPÉENNES TRANSFORMENT LES ARBRES PUBLICS EN NOURRITURE GRATUITE POUR LES HABITANTS·UNE FRAPPE DE DRONE RUSSE SUR UNE LIGNE FERROVIAIRE UKRAINIENNE PRÈS DE LA FRONTIÈRE POLONAISE SUSCITE DES INQUIÉTUDES DE SÉCURITÉ ET DIPLOMATIQUES·LA STRATÉGIE ARCTIQUE DE L'UE FREINÉE PAR L'ABSENCE DE CADRE POUR LES VOISINS NON MEMBRES·SEMAINE 38 · VOL. XV · N°259·
Bruxelles · fondé en 2012
Journalisme européen indépendant

Unionpress

Vol. XV · N°259
mercredi, 16 septembre 2026
Accueil/Monde/le-r-seau-naissant-de-satellites-rassvet-3-de-la-russie-s-effondre-alors-que-l-ukraine-subit-des-frappes-a-riennes-incessantes
Monde01 septembre 2026

Le réseau naissant de satellites Rassvet‑3 de la Russie s'effondre alors que l'Ukraine subit des frappes aériennes incessantes

La constellation Rassvet‑3, censée concurrencer Starlink, connaît de graves problèmes d’élévation orbitale tandis que les villes ukrainiennes, notamment la capitale, endurent un barrage quasi continu de drones et de missiles russes.

Le réseau naissant de satellites Rassvet‑3 de la Russie s'effondre alors que l'Ukraine subit des frappes aériennes incessantes

La Russie a confirmé que sa constellation de satellites Rassvet‑3, destinée à rivaliser avec le réseau occidental Starlink, subit de sérieux dysfonctionnements d'élévation orbitale, plusieurs engins redescendant déjà vers la Terre. Cette évolution intervient alors que les villes ukrainiennes, en particulier la capitale, subissent un barrage quasi continu de drones et de missiles russes qui ont fait au moins une douzaine de victimes civiles au cours des dernières 24 heures.

Le projet Rassvet‑3, un échec technique majeur

Le projet Rassvet‑3, lancé par le bureau d'études d'État Byuro‑1440, était présenté comme une réponse stratégique à la perte d'accès à Starlink pour les utilisateurs russes et comme un moyen d'assurer une couche de communications souveraine pour l'effort de guerre. En pratique, le système est loin d'être opérationnel, et les analystes estiment que les problèmes techniques limiteront tout avantage militaire que le Kremlin espérait tirer.

Des problèmes d'élévation qui paralysent la constellation

Le premier lot de satellites Rassvet‑3 a été mis en orbite le 23 mars 2026, lorsqu'un seul lanceur a transporté seize engins en orbite terrestre basse. Six satellites de test avaient déjà été placés dans l'espace lors de missions antérieures, et un second lot de dix‑sept satellites a suivi en juillet. Le cahier des charges prévoyait que les satellites s'établissent à une altitude d'environ 800 kilomètres, hauteur permettant à chaque engin de couvrir une large zone au sol et de réduire le nombre total de satellites nécessaires pour couvrir le pays.

Des observateurs indépendants ont toutefois documenté une réalité très différente. Le journaliste spatial russe Anatoly Zak, qui dirige le portail RussianSpaceWeb.com, a noté en août que de nombreux satellites lancés en juillet n'avaient pas atteint l'orbite cible. L'astronome Jonathan McDowell, qui suit les objets spatiaux pour le Harvard‑Smithsonian Center for Astrophysics, a publié un graphique altitude‑temps montrant la plupart de la constellation planant juste au‑dessus de 500 kilomètres, bien en dessous des 800 prévus.

Selon les données de McDowell, la majorité des satellites se situent à 511 kilomètres d'altitude, une poignée étant bloquée à 350‑360 kilomètres et d'autres aussi bas que 290‑340 kilomètres. Les engins les plus bas perdent déjà de l'altitude, trajectoire qui les conduira inévitablement à une rentrée atmosphérique et à leur combustion.

Les canaux d'intelligence open‑source russes ont commencé à reconnaître les difficultés. Le canal Telegram Military Informant a rapporté que Byuro‑1440 "rencontre de sérieux problèmes avec le second lot de satellites lancé en juillet". Le même canal a ajouté qu'un des dix‑sept satellites du premier lot était déjà retombé sur Terre, que deux étaient bloqués à 350‑360 kilomètres, et que les quinze restants étaient stables à 511 kilomètres.

Le second lot s'en est sorti encore pire. Les seize satellites sont positionnés nettement plus bas que le premier lot, aucun n'ayant dépassé 390 kilomètres. Six d'entre eux sont piégés entre 290 et 340 kilomètres et descendent déjà. Une orbite plus basse réduit la zone de couverture de chaque satellite, ce qui signifie que le nombre total de satellites nécessaire pour égaler le service de Starlink devrait être beaucoup plus élevé, un objectif que la capacité de production modeste de la Russie ne peut atteindre.

Starlink, exploité par SpaceX, compte déjà plus de 10 000 satellites opérationnels en orbite, avec des plans pour lancer des milliers d'autres. En comparaison, la feuille de route publique russe prévoyait 156 satellites Rassvet d'ici la fin 2026, 292 en 2027, 610 en 2028 et 900 en 2035. La trajectoire actuelle laisse présager que même l'objectif de 156 satellites sera manqué, rendant le système trop clairsemé pour offrir un haut débit fiable sur les vastes territoires occupés en Ukraine.

Implications pour la guerre en Ukraine

D'un point de vue militaire, un réseau Rassvet pleinement fonctionnel permettrait aux forces russes de contrôler les opérations de drones sur l'ensemble de la zone occupée sans dépendre de fournisseurs étrangers. Aujourd'hui, les forces ukrainiennes utilisent des drones reliés à Starlink pour mener des missions de reconnaissance et de frappe sur leur propre territoire et dans les zones occupées, profitant du flux vidéo haute résolution fourni par la constellation commerciale.

Si la Russie pouvait déployer un système satellite indigène, elle serait capable de faire fonctionner ses propres véhicules aériens sans pilote (UAV) et ses liaisons de commandement‑et‑contrôle sur toute l'Ukraine, neutralisant potentiellement l'avantage que Starlink offre à Kyiv. Les revers techniques signifient que, pour l'instant, les forces russes restent dépendantes d'infrastructures de communication plus anciennes et moins résilientes, ainsi que d'un accès limité aux services satellites commerciaux de plus en plus refusés aux utilisateurs russes.

Les analystes soulignent que l'échec de Rassvet‑3 ne modifie pas la dynamique globale du conflit, mais il retire un levier potentiel que Moscou espérait faire pencher la balance en sa faveur. "Le problème des satellites est un spectacle secondaire comparé aux combats au sol", a déclaré un analyste senior en défense du European Council on Foreign Relations, qui a souhaité rester anonyme. "Ce qui compte davantage pour les civils, c'est l'intensité des raids aériens, pas la capacité de la Russie à diffuser de la vidéo depuis ses propres satellites."

Escalade des raids aériens sur Kyiv et ses environs

Parallèlement à la saga des satellites, Kyiv subit une vague incessante d'attaques aériennes russes. Au cours des dernières 24 heures, au moins douze civils ont été tués, dont sept travailleurs d'un dépôt ferroviaire et quatre habitants de la banlieue de Boryspil. Les frappes ont combiné des munitions de type Shahed, des missiles balistiques Iskander et, pour la première fois depuis des mois, un lot de roquettes nord‑coréennes KN‑23.

Les unités de défense aérienne ukrainiennes ont signalé l'interception de dix des engins entrants, dont la moitié identifiée comme des missiles hypersoniques Zircon, système auparavant considéré comme réservé aux cibles stratégiques de grande valeur. Le reste était composé de missiles initialement conçus pour le système de défense S‑400, détournés pour des missions de frappe.

Les batteries Patriot, pilier de la défense haute altitude de l'Ukraine, font face à des pénuries de munitions. À plusieurs reprises cette semaine, les forces ukrainiennes n'ont pas pu engager les missiles entrants parce que les unités Patriot avaient épuisé leurs stocks d'intercepteurs. L'offre limitée de missiles fournis par l'Occident oblige l'Ukraine à prioriser les menaces les plus dangereuses, laissant passer certains drones à basse altitude.

En plus des armes de haute technologie, les forces russes continuent d'utiliser des essaims de drones Shahed contre les hubs logistiques. Des images vidéo publiées par le ministère ukrainien de la Défense ont montré un groupe de drones frappant un entrepôt d'un quartier de Kyiv, déclenchant des incendies et projetant des débris. Des résidents sur place ont décrit n'avoir que quelques secondes pour se mettre à l'abri avant les explosions.

Les attaques ont également affecté les approvisionnements alimentaires. Des photographies partagées sur les réseaux sociaux par des journalistes ukrainiens montrent des rayons de supermarchés à moitié vides, conséquence directe des frappes russes sur les silos à grain, les entrepôts alimentaires et les corridors de transport. Les grandes chaînes de distribution ukrainiennes ont averti d'une perturbation prolongée, citant la destruction des installations de stockage et la cible des nœuds ferroviaires clés.

Contre‑offensive ukrainienne près de Lyman

Au milieu de ce déluge de raids aériens, les forces terrestres ukrainiennes poursuivent leur avancée dans la région du Donbass, notamment autour de la ville de Lyman. Des responsables russes ont reconnu à contrecœur que la situation sur l'axe Lyman s'est détériorée pour Moscou.

Des canaux Telegram qui surveillent le front, comme Rybar, ont rapporté que les unités ukrainiennes ont pris position dans la zone de Hrekivka, avancent au sud de Ridkodub et ont été repérées dans le village de Novoselivka, un lieu que les cartes russes d'il y a une semaine plaçaient fermement derrière leurs lignes.

Des analystes open‑source indépendants ont corroboré ces affirmations avec des images satellites montrant de nouveaux mouvements de troupes ukrainiennes et la construction de routes d'approvisionnement temporaires au sud de Lyman. La présence de drones cargo terrestres livrant munitions et provisions aux positions russes dans la région a également été notée, indiquant que les forces ukrainiennes perturbent efficacement la logistique russe.

Les médias d'État russes continuent toutefois de revendiquer de modestes gains territoriaux ailleurs. Le ministère de la Défense a annoncé la prise de deux villages au nord d'Orikhiv, dans la région de Zaporizhzhia, Novopavlivka et Chervona Krynytsia, mais aucune vérification indépendante n'a encore été fournie. Des experts en cartographie de la communauté OSINT ont souligné les divergences entre la carte du ministère russe, qui montre une zone rouge d'influence s'étendant profondément dans le territoire ukrainien, et les cartes produites par les autorités ukrainiennes et des analystes tiers.

Le groupe de réflexion finlandais Black Bird Group, qui suit le conflit, a noté que les affirmations russes de contrôle sur Novopavlivka sont contredites par des images au sol montrant des porteurs du drapeau ukrainien libérant le village au début de l'été. Ce schéma de surestimation rappelle les phases antérieures de la guerre, où les victoires de propagande ont servi à masquer des revers opérationnels.

Coût humain et pertes d'équipement

Le projet open‑source Oryx, qui recense les pertes visuellement confirmées, a mis à jour sa base de données le 31 août. Selon ses chiffres, les forces russes ont perdu 24 052 pièces d'équipement lourd depuis le début du conflit, dont 4 443 chars, dont 3 348 détruits en combat. Les forces ukrainiennes ont perdu 12 052 pièces d'équipement, dont 1 460 chars, dont 1 121 détruits.

Ces chiffres, bien que frappants, ne racontent qu'une partie de l'histoire. Les victimes civiles continuent d'augmenter, et la destruction d'infrastructures critiques, des hubs logistiques aux installations énergétiques, aggrave la crise humanitaire. Les Nations Unies ont averti que l'effet cumulé des attaques répétées sur les entrepôts alimentaires et les voies de transport pourrait pousser des millions d'Ukrainiens vers l'insécurité alimentaire.

Ce que l'échec du satellite signifie pour l'Europe

L'Europe observe le fiasco de Rassvet avec un mélange de soulagement et d'inquiétude. D'une part, les lacunes techniques signifient que la Russie est peu susceptible d'obtenir un monopole de communications basé sur les satellites sur les territoires occupés, préservant ainsi la pertinence des services satellites occidentaux pour les forces et les civils ukrainiens.

D'autre part, l'incident souligne l'importance croissante des actifs spatiaux dans la guerre moderne. Les gouvernements européens ont accéléré les discussions sur la mise en place d'un réseau de communications par satellite plus résilient, à l'échelle de l'UE, pouvant servir à la fois les besoins civils et de défense. L'Agence spatiale européenne (ESA) a déjà manifesté son intérêt pour élargir le programme Copernicus afin d'inclure des communications sécurisées à haut débit pour les États membres.

Pour les entreprises européennes, la situation met en lumière les risques d'une dépendance à un seul fournisseur pour la connectivité critique. Les sociétés opérant dans la région sont incitées à diversifier leurs liaisons satellites, en combinant des constellations commerciales comme Starlink et OneWeb avec le réseau de fibre terrestre lorsque cela est possible.

Perspectives

Byuro‑1440 devrait tenter une série de lancements correctifs d'ici la fin de l'année, visant à relever l'orbite des satellites existants grâce à la propulsion embarquée ou à remplacer les unités sous‑performantes par du nouveau matériel. Il reste incertain si le bureau pourra surmonter les défis d'ingénierie à temps pour influencer le cours de la guerre.

En attendant, les autorités ukrainiennes continuent de réclamer une augmentation des livraisons de missiles de défense aérienne de la part des alliés occidentaux, arguant que chaque missile intercepté sauve des vies et préserve des infrastructures critiques. Les États-Unis et plusieurs membres de l'UE ont promis des intercepteurs Patriot supplémentaires et des systèmes de défense aérienne modernisés, mais les goulets d'étranglement logistiques et les limites de production signifient que les livraisons arriveront progressivement.

Pour les habitants de Kyiv et la population ukrainienne au sens large, la réalité quotidienne est un mélange de peur du ciel et d'espoir sur le terrain. Alors que la constellation Rassvet‑3 vacille, la résilience de la société civile ukrainienne, démontrée par les réparations rapides des entrepôts endommagés, les réseaux de distribution alimentaire communautaires et le maintien des services essentiels, reste un témoignage de la détermination à résister aux assauts tant cinétiques que numériques.

À mesure que le conflit s'éternise, la bataille pour le spectre électromagnétique deviendra probablement aussi disputée que les lignes de front. La réponse de l'Europe, tant en matière de politique que de technologie, façonnera non seulement l'issue de cette guerre, mais aussi l'architecture future de la sécurité à l'ère du numérique.

■ FINMonde© UnionPress 2026