● LIVEECB RATE 2.65%·EUR/USD 1.1460·EUR/GBP 0.8588·BRUSSELS 20°C — CLEAR·L'OFFENSIVE RUSSE À DOBROPILLIA S'INTENSIFIE ALORS QUE L'UKRAINE SE PRÉPARE À UN COMBAT D'AUTOMNE·ORBÁN REVIENT EN HONGRIE, CRITIQUE LA NOUVELLE LOI SUR LA PROTECTION DE L'ENFANCE ET L'OFFICE DE RÉCUPÉRATION D'ACTIFS·L'UE PRÉVOIT D'ASSOUPLIR LES GARANTIES DU RGPD ALORS QUE LE SCORING ALGORITHMIQUE ENVAHIT LA VIE QUOTIDIENNE·MERZ SOUS PRESSION ALORS QUE L'AFD PREND DE L'AVANCE AVANT LES ÉLECTIONS RÉGIONALES ALLEMANDES·UN TRIBUNAL MALTAIS ACQUITTE L'ACCUSÉ PRINCIPAL DU MEURTRE DE DAPHNE CARUANA GALIZIA, DÉCLENCHANT UNE VAGUE D'INDIGNATION EN EUROPE·VON DER LEYEN EXPOSE LES PRIORITÉS DE L'UE EN MATIÈRE DE DÉFENSE, COMMERCE ET CLIMAT À STRASBOURG·SEMAINE 38 · VOL. XV · N°261·● LIVEECB RATE 2.65%·EUR/USD 1.1460·EUR/GBP 0.8588·BRUSSELS 20°C — CLEAR·L'OFFENSIVE RUSSE À DOBROPILLIA S'INTENSIFIE ALORS QUE L'UKRAINE SE PRÉPARE À UN COMBAT D'AUTOMNE·ORBÁN REVIENT EN HONGRIE, CRITIQUE LA NOUVELLE LOI SUR LA PROTECTION DE L'ENFANCE ET L'OFFICE DE RÉCUPÉRATION D'ACTIFS·L'UE PRÉVOIT D'ASSOUPLIR LES GARANTIES DU RGPD ALORS QUE LE SCORING ALGORITHMIQUE ENVAHIT LA VIE QUOTIDIENNE·MERZ SOUS PRESSION ALORS QUE L'AFD PREND DE L'AVANCE AVANT LES ÉLECTIONS RÉGIONALES ALLEMANDES·UN TRIBUNAL MALTAIS ACQUITTE L'ACCUSÉ PRINCIPAL DU MEURTRE DE DAPHNE CARUANA GALIZIA, DÉCLENCHANT UNE VAGUE D'INDIGNATION EN EUROPE·VON DER LEYEN EXPOSE LES PRIORITÉS DE L'UE EN MATIÈRE DE DÉFENSE, COMMERCE ET CLIMAT À STRASBOURG·SEMAINE 38 · VOL. XV · N°261·
Bruxelles · fondé en 2012
Journalisme européen indépendant

Unionpress

Vol. XV · N°261
vendredi, 18 septembre 2026
Accueil/Europe/un-tribunal-maltais-acquitte-l-accus-principal-du-meurtre-de-daphne-caruana-galizia-d-clenchant-une-vague-d-indignation-en-europe
Europe17 septembre 2026

Un tribunal maltais acquitte l'accusé principal du meurtre de Daphne Caruana Galizia, déclenchant une vague d'indignation en Europe

Le 2 septembre 2024, un jury a déclaré non coupable l'homme d'affaires Yorgen Fenech, ravivant les protestations à La Valette et les critiques des organisations de défense de la liberté de la presse.

Un tribunal maltais acquitte l'accusé principal du meurtre de Daphne Caruana Galizia, déclenchant une vague d'indignation en Europe

Daphne Caruana Galizia était une journaliste d'investigation maltaise de premier plan dont la mort en 2017 hante toujours l'archipel. Le 2 septembre 2024, un jury à Malte a acquitté l'homme d'affaires Yorgen Fenech de l'accusation d'avoir commandité la bombe qui l'a tuée, relançant les manifestations à La Valette et suscitant la condamnation des groupes de défense de la liberté de la presse à travers l'Europe.

Le verdict et le déroulement du procès

Le verdict intervient après un procès long, entamé en 2020 et s'étalant sur plusieurs années. Les jurés ont conclu que l'accusation n'avait pas prouvé la culpabilité de Fenech au-delà de tout doute raisonnable. Cette décision a été accueillie avec colère par la famille de Caruana Galizia, qui réclame depuis longtemps que chaque responsable du meurtre soit tenu pour responsable.

Preuves clés et acquittement

Les procureurs avaient fondé leur dossier principalement sur le témoignage de Melvin Theuma, ancien chauffeur de Fenech, qui a admis avoir organisé l'assassinat en échange d'une immunité. Theuma a déclaré avoir reçu 150 000 € pour préparer la bombe et a présenté des SMS et des enregistrements audio que l'État affirme lier Fenech au complot et montrer des tentatives de destruction de preuves.

Fenech a constamment nié toute implication, affirmant son innocence tout au long de la procédure. La défense a soutenu que les preuves étaient circonstancielles et que les enregistrements ne pouvaient pas être liés de façon définitive à un ordre criminel. Le verdict de non culpabilité du jury reflète cette appréciation.

Cinq autres personnes ont déjà été condamnées pour leur rôle dans la préparation de l'attaque, dont le conducteur qui a placé l'engin explosif. L'accord d'immunité de Theuma, qui lui a permis d'éviter la poursuite, reste un point de discorde parmi les partisans de Caruana Galizia, qui estiment qu'il affaiblit la responsabilité.

Réaction publique et retombées politiques

Des centaines de manifestants se sont rassemblés dans la capitale maltaise le jour du verdict, scandant pour la justice et exigeant que les autorités poursuivent leurs recherches pour identifier la personne qui a commandité le meurtre. La protestation faisait écho à un rassemblement similaire organisé un an plus tôt, lorsque la famille de Caruana Galizia avait d'abord demandé une enquête complète.

Reporters Sans Frontières a condamné le résultat, déclarant que "neuf ans après l'assassinat, les autorités maltaises n'ont toujours pas identifié et condamné le cerveau du crime". L'organisation a souligné que cette affaire reste un test décisif pour l'État de droit dans un État membre régulièrement critiqué pour la liberté de la presse.

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a publié une déclaration appelant Malte à "persévérer dans la recherche de la vérité" et avertissant que l'UE ne tolérera pas un climat d'impunité face aux attaques contre les journalistes. Ses propos reflètent une préoccupation européenne plus large selon laquelle l'affaire Caruana Galizia illustre un schéma de faible application des normes de protection des médias.

Mécanismes européens et leurs limites

Si l'enquête et la poursuite relèvent des tribunaux maltais, l'Union européenne peut influencer le cadre plus large dans lequel ces affaires se déroulent. Le European Media Freedom Act, entré en vigueur en 2023, vise à protéger les sources journalistiques et interdit l'usage de logiciels espions contre les reporters. De plus, de nouvelles règles européennes contre les "strategic lawsuits against public participation" (SLAPP) cherchent à freiner l'intimidation juridique de la presse.

Caruana Galizia a elle-même été fréquemment visée par des SLAPP au cours de sa carrière, une tactique qui continue d'être employée contre les médias dénonçant des faits répréhensibles impliquant des personnalités puissantes. Des rapports récents indiquent que Fenech a menacé d'engager des poursuites contre plusieurs organes de presse maltais qui continuent de publier des allégations sur la corruption présumée du jury.

Cependant, l'UE ne peut pas intervenir directement dans les procédures pénales maltaises. Son rôle se limite à surveiller le respect des standards démocratiques et, le cas échéant, à exercer une pression politique via des mécanismes tels que la Cour de justice de l'Union européenne ou la boîte à outils de l'État de droit de la Commission européenne.

Cas comparatifs en Europe

Le meurtre de Caruana Galizia n'est pas un incident isolé. En 2018, le journaliste slovaque Ján Kuciak et sa fiancée ont été abattus, une affaire qui reste également non résolue malgré l'identification d'un suspect principal. Les deux meurtres sont devenus des symboles des dangers auxquels sont confrontés les journalistes d'investigation dans l'UE et ont alimenté les appels à des cadres de protection plus solides.

Les observateurs de la liberté de la presse classent Malte parmi les pires performances du bloc, aux côtés de la Grèce, de Chypre et de la Hongrie, en raison de la fréquence des attaques contre les journalistes et de la prévalence du harcèlement juridique. L'indice annuel de liberté de la presse de l'Union européenne montre un écart persistant entre l'engagement déclaré de l'UE en faveur de l'indépendance des médias et la réalité sur le terrain dans plusieurs États membres.

Quel avenir pour l'affaire maltaise ?

Après l'acquittement, le service de poursuite maltais a annoncé son intention de faire appel. Pour ce faire, les procureurs doivent d'abord identifier une "erreur juridique grave" dans le procès, comme la décision du juge de ne pas informer les jurés que Fenech avait demandé un pardon présidentiel peu après son arrestation en 2019. L'appel n'a pas encore été déposé, et les autorités disposent de quelques jours pour soumettre les documents requis.

Si l'appel est engagé, l'affaire pourrait revenir devant les tribunaux pour une nouvelle délibération, prolongeant la saga juridique qui dure déjà près d'une décennie. Parallèlement, la famille de Caruana Galizia a exhorté l'UE à suspendre le financement d'un projet controversé de gazoduc, arguant que les défaillances de gouvernance à Malte en font un bénéficiaire inapproprié des investissements européens.

Pour les observateurs européens, le résultat de l'appel sera un baromètre de la volonté de Malte d'affronter la corruption enracinée et de protéger la liberté de la presse. Il testera également la capacité de l'UE à faire appliquer ses propres normes lorsque les États membres en font défaut.

En attendant, les journalistes du continent suivent de près l'évolution. L'affaire Caruana Galizia rappelle que la sécurité des reporters d'investigation reste précaire et que la quête de responsabilité peut être un processus long et ardu. Alors que l'UE continue d'affiner sa législation sur la liberté des médias, les défenseurs des droits de la presse espèrent que des garanties concrètes se traduiront en protections réelles pour ceux qui osent exposer le pouvoir.

■ FINEurope© UnionPress 2026