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Opinion07 septembre 2026

Burnham rencontre le commissaire européen au commerce alors que la Grande-Bretagne cherche un redressement modeste

Le nouveau ministre britannique de l'Europe, Hamish Falconer, a rencontré le commissaire européen au commerce Maroš Šefčovič, marquant une première étape d'un possible « reset » avec Bruxelles.

Burnham rencontre le commissaire européen au commerce alors que la Grande-Bretagne cherche un redressement modeste

Andy Burnham a fait ses premiers pas sur la scène européenne en rencontrant le commissaire européen au commerce Maroš Šefčovič le 7 septembre, lors d'une séance qui signale une continuation prudente du soi‑disant « reset » avec Bruxelles après le départ brutal de son prédécesseur.

Une première rencontre pour le nouveau ministre

La rencontre, qui s'est tenue à Londres, a été la première réunion du tout nouveau ministre britannique de l'Europe, Hamish Falconer. Les deux parties ont refusé de commenter les détails, mais des responsables à Londres et à Bruxelles envisagent déjà un sommet UE‑Royaume‑Uni plus large en novembre.

Un agenda domestique prioritaire

Burnham, qui a pris ses fonctions après la démission de Keir Starmer, a passé les dix premiers jours de son mandat à parcourir le pays, dévoilant des mesures modestes mais populaires, comme un dispositif de prévention du sans‑abri et une série d'allègements fiscaux destinés aux ménages à faibles revenus. Son attention reste fermement tournée vers les préoccupations intérieures, contrastant avec la décision de Starmer de quitter la politique pour se consacrer à la « diplomatie mondiale, à la défense et aux affaires internationales ».

Cependant, Burnham a réaffirmé son engagement envers le reset. "Il est clair que la faible croissance que nous avons connue, la décennie de faible croissance, a été en partie le résultat du Brexit", a‑t‑il déclaré au parlement le 2 septembre. "Plus tôt le parti opposé acceptera cela, plus nous pourrons commencer à envisager l'avenir de la Grande‑Bretagne et « où allons‑nous à partir d'ici ? »"

Commerce UE‑UK : gains modestes, inquiétudes majeures

Alors que le Royaume‑Uni pourrait bientôt accepter un programme de mobilité pour les jeunes, la principale exigence de l'UE depuis 2023, qui prévoit un financement conjoint pour l'éducation et la formation des citoyens de 18 à 30 ans, le problème le plus pressant pour Londres reste la protection des secteurs clés contre les mesures de défense commerciale de plus en plus protectionnistes de l'UE, notamment celles visant à freiner la surcapacité chinoise.

Lors d'un débat parlementaire précédant une rencontre avec le président français Emmanuel Macron, Burnham a souligné la sidérurgie et l'agriculture comme secteurs qu'il souhaite protéger dans tout nouveau accord UE‑UK. "L'agenda 'Made In Europe' pourrait poser des problèmes importants pour British Steel", a‑t‑il averti, faisant référence à l'entreprise nationalisée que le gouvernement a reprise en juillet.

L'UE a déjà réduit son quota d'importation de ferraille sans droits de douane à 18,3 millions de tonnes, soit une baisse de 47 % par rapport au niveau de 2024, afin de limiter l'inondation du marché par l'acier chinois. Le Royaume‑Uni a suivi le mouvement, réduisant son propre quota de 51 % et imposant un droit de douane de 50 % sur toute importation dépassant la nouvelle limite.

Les observateurs de l'industrie craignent que le dispositif d'achat « Made in Europe », intégré dans la loi européenne sur l'accélérateur industriel, ne marginalise davantage l'acier britannique en réservant subventions et contrats préférentiels aux entreprises de l'UE. Le problème ne se limite pas à l'acier ; les agriculteurs britanniques risquent également de perdre des parts de marché à mesure que l'UE renforce les règles sur les ajustements carbone aux frontières et les normes anti‑déforestation, dont le Royaume‑Uni adopte désormais plusieurs.

Pourquoi le Royaume‑Uni se sent comprimé

La position du Royaume‑Uni en tant que marché de taille moyenne entouré par l'UE‑27 signifie que tout traitement préférentiel accordé aux producteurs de l'UE rend automatiquement les produits britanniques moins compétitifs. La majorité des exportations d'acier et de produits agricoles britanniques se dirigent vers l'Europe, de sorte que les changements de politique de l'UE ont un impact direct sur les résultats des producteurs britanniques.

Falconer, qui s'est exprimé en août après sa nomination, a déclaré vouloir "une relation plus profonde et plus ambitieuse" avec l'UE. Pourtant, l'accord de Brexit minimaliste conclu sous Boris Johnson en 2020 a laissé le Royaume‑Uni vulnérable aux types de changements politiques actuellement débattus.

Pour le gouvernement de Burnham, la tâche immédiate consiste à atténuer les effets négatifs des défenses commerciales de l'UE avant de poursuivre toute ambition stratégique plus large. Cela implique de négocier des garanties pour l'acier et l'agriculture, éventuellement d'obtenir des exemptions ou des arrangements transitoires, et de veiller à ce que les nouvelles règles d'achat n'excluent pas automatiquement les entreprises britanniques.

Perspectives

Le sommet de novembre sera le premier vrai test pour savoir si le Royaume‑Uni peut obtenir des concessions qui protègent ses industries clés sans compromettre les réformes domestiques modestes déjà lancées par Burnham. Les syndicats ont accueilli favorablement la perspective de protéger les emplois dans la sidérurgie et l'agriculture, mais restent méfiants à l'égard de tout accord qui pourrait enfermer le Royaume‑Uni dans un régime réglementaire de moindre niveau.

Les organisations patronales, quant à elles, soutiennent qu'un environnement commercial prévisible, même s'il implique de modestes concessions à l'UE, est essentiel pour l'investissement et pour maintenir la stabilité des prix à la consommation. Elles avertissent qu'une incertitude prolongée pourrait faire grimper les coûts pour les ménages, notamment dans les secteurs à forte consommation d'énergie.

Les deux parties s'accordent à dire que les prochains mois seront décisifs. Si Londres parvient à sécuriser un accord qui amortit les secteurs les plus vulnérables tout en préservant les mesures fiscales et sociales modestes introduites par Burnham, le reset pourrait gagner en dynamique. Un échec pourrait approfondir le sentiment d'isolement économique qui a caractérisé l'après‑Brexit pour de nombreux travailleurs britanniques.

Pour l'instant, la rencontre entre Falconer et Šefčovič reste une première étape symbolique, mais le vrai travail commencera une fois le sommet de novembre convoqué, avec des enjeux élevés pour l'industrie britannique, les ménages et le partenariat européen plus large.

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