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Vol. XV · N°259
mercredi, 16 septembre 2026
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Opinion28 ao�t 2026

L'UE critiquée pour son insistance sur les réformes plutôt que les sanctions alors que les candidats israéliens rejettent l'État palestinien

Tous les principaux candidats à la prochaine élection israélienne ont exclu la création d'un État palestinien, intensifiant la pression sur l'Union européenne pour qu'elle passe des mots aux sanctions ciblées.

L'UE critiquée pour son insistance sur les réformes plutôt que les sanctions alors que les candidats israéliens rejettent l'État palestinien

Tous les grands prétendants israéliens à la prochaine élection ont publiquement exclu la création d'un État palestinien, une évolution qui a renforcé la pression sur l'Union européenne afin qu'elle dépasse la rhétorique des réformes et envisage des sanctions ciblées contre les politiques d'occupation d'Israël.

Déclarations des candidats

Cette position a été annoncée par l'ancien ministre de la Défense Gadi Eisenkot, qui a déclaré aux électeurs qu'il n'autoriserait jamais la création d'un État palestinien. Des propos similaires ont été tenus par des figures durs comme Bezalel Smotrich et même par des membres du prétendu camp progressiste, dont Yair Golan. Le consensus parmi les candidats reflète une posture sioniste plus large qui considère toute forme d'autodétermination palestinienne comme incompatible avec le récit sécuritaire d'Israël.

Pourquoi l'approche actuelle de l'UE est jugée insuffisante

Depuis des décennies, la communauté internationale, y compris l'UE, soutient une solution à deux États basée sur les frontières de 1967. Malgré les résolutions répétées de l'ONU et le jugement de la Cour internationale de Justice déclarant l'occupation illégale, les mesures concrètes pour mettre fin à l'occupation restent limitées. Les responsables européens se sont surtout concentrés sur la promotion des "réformes palestiniennes" et le soutien à des programmes de contacts entre les peuples, des actions que les critiques jugent ne faire que retarder la question fondamentale de la souveraineté.

"Le langage de l'UE est passé de 'pression' à 'réformes'," a déclaré un porte-parole d'une fédération syndicale européenne. "Ce changement ne reflète pas la réalité sur le terrain, où l'expansion des colonies se poursuit et où le coût de l'occupation reste inférieur au coût de sa fin."

Les sanctions sont débattues à Bruxelles depuis des années, mais les sensibilités politiques et le lobbying puissant des groupes d'intérêts israéliens les ont maintenues à distance. Le cycle électoral actuel a toutefois relancé les appels à une réponse plus robuste, plusieurs parlementaires européens exhortant la Commission à adopter des mesures qui rendraient le statu quo financièrement et diplomatiquement intenable pour Israël.

Ce que l'élection pourrait signifier pour l'Autorité palestinienne

L'Autorité palestinienne (AP), créée par les accords d'Oslo en 1994 comme organe intérimaire, fait face à un avenir incertain. Les plans israéliens visant à affaiblir la capacité institutionnelle de l'AP sont une constante de l'ère post‑Oslo. Si une coalition de droite l'emporte, l'AP pourrait être réduite à un simple partenaire de coordination sécuritaire, dépouillée de toute autorité réelle pour poursuivre l'État.

À l'inverse, un gouvernement israélien plus centriste ou de gauche pourrait maintenir l'AP comme monnaie d'échange, mais uniquement dans la mesure où elle sert les intérêts sécuritaires israéliens. Dans ce scénario, l'AP continuerait d'exister sans pouvoir négocier une vraie fin de l'occupation, consolidant ainsi un statu quo qui favorise l'activité des colonies tout en laissant les Palestiniens sans voie viable vers la souveraineté.

Les dirigeants palestiniens ont indiqué que les élections de novembre seront centrées sur un programme de "réformes imposées internationalement" liées à l'aide financière. Les critiques avertissent que ces réformes, dictées par des bailleurs externes plutôt que par la société civile palestinienne, risquent d'ancrer un système où la survie de l'AP dépend de la conformité aux exigences israéliennes plutôt que de la libération nationale.

Opinion publique européenne et débat croissant sur les sanctions

Des enquêtes récentes dans l'UE montrent un net changement d'attitude du public envers les politiques de colonies israéliennes. Une majorité d'interrogés en Allemagne, en France et aux Pays‑Bas ont désormais soutenu des mesures telles que l'interdiction des produits issus des colonies et la restriction des ventes d'armes à l'industrie de défense israélienne.

Les ONG européennes ont exploité cet élan, intentant des actions en justice contre les entreprises qui profitent de la construction de colonies et faisant pression pour que l'UE invoque l'Accord d'association UE‑Israël afin d'imposer des restrictions commerciales. "Lorsque le coût de l'occupation devient supérieur au coût de la conformité, le calcul change pour les gouvernements comme pour les entreprises," a expliqué un analyste senior d'un think‑tank bruxellois spécialisé dans la politique étrangère de l'UE.

Cependant, les États membres restent divisés. Alors que la Suède et l'Irlande ont déjà pris des mesures pour qualifier les produits des colonies, d'autres, notamment l'Allemagne, restent plus prudents, redoutant des répercussions sur le commerce bilatéral et la coopération sécuritaire. Le débat allemand s'est intensifié après des rapports indiquant que certaines banques allemandes continuent de détenir des obligations souveraines israéliennes, pratique que les groupes de défense des droits humains jugent légitimer l'occupation.

Implications pour l'industrie et les travailleurs européens

Si l'UE adopte des sanctions ciblées, l'impact se répercuterait sur les chaînes d'approvisionnement européennes. Les entreprises de construction impliquées dans les projets de colonies pourraient perdre des contrats, et les investisseurs européens pourraient subir des pressions de désinvestissement. Les syndicats à travers le continent ont commencé à coordonner des campagnes incitant leurs membres à refuser tout travail lié à l'occupation, arguant que la complicité porte atteinte aux valeurs européennes de droits humains et de justice sociale.

Parallèlement, le secteur technologique israélien, important exportateur vers l'UE, pourrait ressentir des effets indirects si des restrictions plus larges sur les équipements de défense et de sécurité israéliens étaient introduites. Si de nombreux travailleurs européens bénéficient aujourd'hui d'emplois liés à la technologie israélienne, un revirement de politique pourrait contraindre les entreprises à reconsidérer leurs partenariats, entraînant potentiellement des pertes d'emplois dans certains secteurs.

Cadre juridique international et arguments pour l'action

La Déclaration de New York sur la solution à deux États et l'avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur l'illégalité de l'occupation offrent une base juridique à l'action de l'UE. Les défenseurs soutiennent que l'UE, en tant que bloc qui se targue de respecter le droit international, a le devoir de traduire ces instruments juridiques en politiques concrètes.

"Il ne suffit pas de répéter le langage de 1993," a déclaré un conseiller senior d'une organisation européenne de défense des droits humains. "L'UE doit utiliser les outils à sa disposition, mesures commerciales, filtrage des investissements et sanctions ciblées, pour rendre l'occupation financièrement insoutenable."

Cette position alignerait également l'UE sur un consensus mondial croissant selon lequel l'occupation constitue une violation du droit international. L'Assemblée générale des Nations Unies a maintes fois affirmé le droit du peuple palestinien à l'autodétermination, et plusieurs États membres de l'UE ont déjà reconnu l'État de Palestine, bien que de façon symbolique.

Ce qui attend l'UE et le processus de paix au Moyen‑Orient

À l'approche de l'élection israélienne, l'UE doit choisir : continuer à défendre en principe une solution à deux États en ne proposant que des réformes vagues, ou adopter une posture plus affirmée qui pourrait remodeler la dynamique du conflit. Cette décision aura des répercussions non seulement pour les Palestiniens, mais aussi pour la crédibilité de la politique étrangère européenne, les relations commerciales et le débat plus large sur la manière dont le bloc doit réagir aux violations du droit international.

À court terme, le Parlement européen devrait débattre d'une résolution appelant à une révision des accords commerciaux UE‑Israël, en se concentrant notamment sur les produits liés aux colonies. Parallèlement, la Commission européenne subit une pression croissante pour publier une stratégie détaillée sur la mise en œuvre éventuelle de sanctions, si un consensus émerge parmi les États membres.

Pour les travailleurs et les consommateurs à travers l'Europe, le résultat pourrait signifier un changement dans la disponibilité de certains biens, des ajustements de portefeuilles d'investissement et un renouveau du débat public sur les dimensions éthiques du commerce. Pour le peuple palestinien, cela pourrait représenter une occasion rare de voir la communauté internationale dépasser les déclarations symboliques et prendre des mesures qui remettent en cause les structures qui soutiennent l'occupation.

Reste à savoir si l'UE saisira ce moment, mais la convergence de la politique électorale en Israël, du changement d'opinion publique en Europe et d'un cadre juridique de plus en plus affirmé suggère que le statu quo est sous une surveillance grandissante.

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