Les hommes représentent la grande majorité des crimes violents en Europe
Les statistiques de l'Union européenne montrent que les hommes sont responsables de presque tous les délits violents graves, quel que soit le pays, l'âge ou l'origine migratoire.
Les données de l'Union européenne confirment que les hommes sont à l'origine de pratiquement toutes les infractions violentes graves, un phénomène qui se retrouve dans tous les pays, toutes les tranches d'âge et toutes les origines migratoires. En 2024, une femme sur 18 détenues adultes dans l'UE était incarcérée, un taux similaire de la Finlande à la Roumanie.
Des incidents récents soulignent l'écart entre les sexes
Le dernier choc est survenu en Suède, où un étudiant de 18 ans a utilisé une épée pour tuer un camarade de 17 ans et en blesser deux autres dans un lycée. La police a ensuite découvert un compte en ligne lié à l'assaillant qui diffusait des vidéos de tireurs de masse précédents. Un second adolescent de 16 ans a été arrêté après que des messages cryptés ont révélé qu'il avait encouragé l'attaque.
Si l'affaire a suscité une large attention médiatique, elle s'inscrit dans une réalité statistique plus vaste. Sur l'ensemble du continent, les hommes dominent le profil des auteurs d'homicides, de viols et d'autres formes de violences sexuelles. Les données des Nations unies pour 2023 montrent qu'environ 44 % des suspects d'homicide dans le monde avaient entre 15 et 29 ans, et les hommes de cette tranche d'âge sont également les plus exposés au risque d'être tués.
Tendances de la criminalité violente
Les taux d'homicides ont diminué de 11 % au cours de la dernière décennie, tandis que les viols et les violences sexuelles déclarés ont augmenté respectivement de 7 % et 10 %, un changement attribué en grande partie à une meilleure prise de conscience et à un meilleur signalement. La Commission européenne note que 99 % des personnes condamnées pour ces infractions sont des hommes.
Ces schémas se retrouvent dans les trois plus grandes économies européennes, l'Allemagne, la France et le Royaume‑Uni, ainsi qu'en Suède, où s'est produite la dernière attaque scolaire. Dans chaque cas, les jeunes hommes sont les délinquants les plus fréquents.
Immigration et criminalité : ce que disent les données
Une étude de 2026 de l'Universidad Complutense de Madrid a examiné 5,5 million de condamnations définitives en Espagne entre 2007 et 2023. Après contrôle de l'âge, du sexe et du statut socio‑économique, les chercheurs ont constaté que l'immigration en soi n'explique pas des taux de criminalité plus élevés. Les immigrés sont généralement plus jeunes et plus souvent masculins, ce qui explique une grande partie de la disparité observée.
Lorsque les facteurs démographiques sont pris en compte, l'écart de condamnation entre les ressortissants étrangers et les citoyens espagnols se réduit de près de moitié. Néanmoins, les étrangers sont encore condamnés à environ deux fois le taux des Espagnols natifs. L'étude souligne que l'origine de ces étrangers compte : les hommes originaires du Brésil, du Paraguay, du Sénégal et d'Ukraine ont des taux de condamnation plus bas que ceux provenant de France, de Belgique ou de Roumanie, tous résidents de l'UE. Les hommes du Mexique, du Mali ou du Pakistan sont condamnés à des taux encore plus faibles que les natifs.
Les crimes souvent associés à l'immigration, comme les infractions liées à la drogue, sont davantage commis par des touristes de courte durée ou des membres de réseaux criminels transnationaux que par des migrants installés. Les victimes de crimes perpétrés par des immigrés sont fréquemment d'autres immigrés, notamment des femmes, ce qui souligne l'importance de réponses politiques nuancées.
Quelles sont les causes de l'écart entre les sexes ?
L'analyse espagnole a identifié deux facteurs constants de la criminalité : l'urbanisation et l'âge moyen. Dans tous les groupes démographiques, les hommes sont condamnés à environ six fois le taux des femmes, quelle que soit leur nationalité.
Ces résultats suggèrent que les politiques visant à réduire les attaques violentes devraient cibler la dimension de genre plutôt que de se concentrer uniquement sur le statut migratoire. Les experts estiment que des interventions telles que l'éducation précoce à la résolution des conflits, le soutien en santé mentale pour les jeunes hommes et les programmes communautaires pourraient s'attaquer aux causes profondes de la violence masculine.
Recommandations politiques
L'étude de Madrid recommande d'élargir les voies de régularisation et les mesures d'intégration afin d'améliorer l'inclusion sociale et économique des migrants. Si ces mesures peuvent contribuer à réduire l'écart criminel résiduel, les auteurs insistent sur le fait que le levier principal pour diminuer la criminalité violente globale réside dans la prise en compte des facteurs de risque spécifiques aux hommes.
Les représentants syndicaux et patronaux à travers l'Europe ont salué l'accent mis sur la prévention axée sur le genre, avertissant que négliger la dimension masculine risque de perpétuer des cycles de violence qui affectent familles, lieux de travail et services publics. Parallèlement, les organisations de la société civile mettent en garde contre les récits simplistes qui pourraient stigmatiser des communautés entières.
Alors que les gouvernements européens font face à des inquiétudes croissantes concernant la sécurité publique, les données pointent vers une réalité claire, bien que inconfortable : ce sont les hommes, et non les migrants, qui constituent la principale source de criminalité violente. Une politique efficace devra refléter ces preuves, en combinant un soutien ciblé aux groupes vulnérables avec des stratégies plus larges visant à intégrer les jeunes hommes dans l'éducation, l'emploi et la vie communautaire.
