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Europe10 septembre 2026

Les scores européens au PISA reculent tandis que les écoles asiatiques prennent de l'avance

Les élèves européens obtiennent de moins bons résultats que leurs homologues asiatiques au dernier test PISA, soulignant un écart grandissant.

Les scores européens au PISA reculent tandis que les écoles asiatiques prennent de l'avance

Des performances européennes en retrait face à l'Asie

Les étudiants européens ont obtenu de moins bons résultats que leurs pairs asiatiques lors du dernier test PISA, l'évaluation triennale des compétences en lecture, mathématiques et sciences des élèves de 15 ans. Seule l'Estonie a réussi à rester dans le top dix du classement global, à l'opposé de la domination de Singapour, de plusieurs régions chinoises, du Japon et de la Corée du Sud.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié les chiffres de 2025 la semaine dernière. Dans la plupart des États membres de l'UE, les scores ont baissé par rapport à la série de 2022. L'Allemagne et la France se situent désormais autour de la 25e place, tandis que le Royaume-Uni et la Suisse, hors du bloc, se classent au-dessus de tout pays de l'UE, à l'exception de l'Estonie.

Pourquoi les écoles asiatiques excellent

Les analystes soulignent rapidement que l'écart ne s'explique pas uniquement par le financement. Les pays de l'UE dépensent en moyenne 4,7 % du produit intérieur brut en éducation, bien au‑dessus des environ 2 % enregistrés à Singapour et 3 % dans les régions chinoises testées. Pourtant, les économies asiatiques produisent constamment des scores plus élevés.

Ce qui les unit, c'est une culture qui met l'accent sur la scolarité. Les journées d'école sont plus longues, les programmes sont strictement séquencés et l'implication parentale est intense. Le soutien scolaire privé, souvent organisé via des programmes après‑l'école, fait partie intégrante de la routine d'apprentissage. Cela crée un environnement où peu d'élèves restent très en retard ; en France, par exemple, environ un élève sur trois de 15 ans a du mal à comprendre un texte, alors que dans les régions chinoises le chiffre se rapproche d'un sur quatorze.

Ces approches intensives sont critiquées en Europe pour la pression qu'elles exercent sur la santé mentale des enfants. Néanmoins, les données suggèrent une corrélation entre la priorité sociétale accordée à la réussite académique et les résultats mesurés par le PISA.

Tendances de performance en Europe

Au sein de l'UE, l'Estonie continue de se démarquer. Ce petit État balte affiche des résultats solides et stables dans les trois domaines depuis plusieurs cycles d'évaluation, un record souvent attribué à son adoption précoce des outils d'apprentissage numériques et à une main‑d'œuvre enseignante bien formée.

L'Irlande et la Finlande occupent également des positions relativement bonnes, dans la moitié supérieure du tableau. Cependant, leurs scores ont montré de modestes baisses, reflétant la tendance générale européenne.

La Slovaquie est le seul pays où le tableau n'est pas uniformément négatif. Son score en sciences a légèrement augmenté, tandis que les mathématiques et la lecture sont restés à peu près stables par rapport à 2022. Le gouvernement slovaque a récemment introduit des réformes visant à moderniser les programmes et à développer l'infrastructure numérique, mais l'impact de ces mesures sur les derniers résultats du PISA reste incertain. Le pays consacre environ 5 % de son PIB à l'éducation, légèrement au‑dessus de la moyenne de l'UE.

Sur l'ensemble du continent, le glissement à la baisse ne peut être attribué à un seul facteur. Certains observateurs évoquent les effets persistants de la pandémie, qui ont mis en lumière d'importantes inégalités d'accès au numérique et aux conditions d'apprentissage à domicile. D'autres soutiennent que la surcharge des programmes, les pénuries d'enseignants et le manque de filières professionnelles diluent l'attention portée aux compétences de base évaluées par le PISA.

Ce que mesure réellement le test

Le PISA a évolué depuis sa création en 2000. Au-delà des connaissances factuelles, l'évaluation explore aujourd'hui la résolution de problèmes, la pensée créative, la littératie financière et, de plus en plus, les compétences numériques. Les critiques affirment que le format changeant du test rend les comparaisons à long terme difficiles ; les compétences évaluées aujourd'hui diffèrent de celles mesurées il y a deux décennies.

Malgré cela, les décideurs continuent de considérer le PISA comme un baromètre de la qualité de l'éducation. La Commission européenne suit les résultats pour alimenter son agenda Europe 2020 et la future Zone européenne de l'éducation, qui vise à favoriser la mobilité et l'apprentissage tout au long de la vie dans les États membres.

Implications pour les travailleurs et les ménages

Des scores plus bas suscitent des inquiétudes quant à la compétitivité future du marché du travail. Alors que l'Europe cherche à pourvoir les postes vacants dans les secteurs de la haute technologie et de l'énergie verte, une main‑d'œuvre qui peine avec les bases du calcul et de la lecture pourrait freiner la transition vers une économie bas carbone.

Les syndicats ont averti qu'un sous‑investissement dans la formation des enseignants et la réduction des effectifs de classe pourrait aggraver le problème. Ils réclament un rééquilibrage des budgets publics afin que les écoles disposent des ressources nécessaires pour soutenir à la fois les élèves très performants et ceux qui ont besoin d'un accompagnement supplémentaire.

Les employeurs, notamment dans la fabrication et les services, soulignent l'importance d'une formation professionnelle alignée sur les besoins de l'industrie. Certaines chambres de commerce suggèrent que des liens plus forts entre les écoles et les entreprises, tels que les apprentissages et l'apprentissage en milieu de travail, pourraient renforcer les compétences pratiques sans sacrifier les exigences académiques.

Perspectives

Les ministres de l'Éducation de l'UE se réuniront à Bruxelles plus tard cette année pour discuter d'une réponse coordonnée. Parmi les propositions figurent un financement accru de l'infrastructure numérique, des incitations au recrutement et à la rétention des enseignants, ainsi qu'une révision des méthodes d'évaluation afin qu'elles reflètent les compétences demandées par une économie en mutation.

Il reste à voir si ces initiatives inverseront la tendance à la baisse. Ce qui est certain, c'est que l'écart entre l'Europe et les économies asiatiques à haute performance se creuse, et que les enjeux dépassent les simples scores aux tests pour toucher l'employabilité future de millions de jeunes Européens.

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